L’édito du Père Xavier

Comment cette année, vivre d’une autre façon Noël ?
Cette nuit, les chrétiens ont entendu une fois de plus le récit de la naissance de Jésus. Ils ont évoqué les bergers qui, les tous premiers, ont su qu’un enfant venait de naître et qu’il serait le Messie tant attendu. Ils ont chanté leur joie et clamé la paix de Dieu aux hommes. Ce fut une très belle nuit.
Mais la nuit a passé. Voici le jour. Et dans le calme du matin, les chrétiens méditent, essaient de comprendre ce qui leur est arrivé, ce qui leur a été donné ! Ce qui leur a été donné ? C’est ce que Dieu a de plus cher, son fils !
Ce fils qui est devenu l’un de nous sans cesser d’être Dieu. Ce fils qui est avant tous les siècles et par qui tout a été fait.
Quand Dieu se donne à voir sous les traits d’un enfant, il se révèle comme un réfugié obligé de fuir la colère d’Hérode le tyran. Et là, Dieu se fait tout proche des malheurs des hommes et des situations les plus misérables dans lesquelles beaucoup se croient abandonnés de Dieu.
Quand Dieu se donne à voir sous les traits d’un enfant, il se révèle comme un bon berger à la recherche de la brebis perdue venant redonner confiance à toutes les Marie-Magdeleine, à tous les Zachée, à tous les larrons, à tous les hommes sans exception aucune, à vous, à moi, à nous tous.
Ce message est prodigieux ! Incroyable même ! Plus d’un de hausser les épaules dire que tout cela n’est
qu’invention humaine. Mais non ! Tout cela est vrai ! Très vrai ! Oui, à Noël Dieu est vraiment chez nous, avec nous, pour nous. Finalement Noël c’est tous les jours ! Voilà le grand mystère que nous chantons et proclamons ce matin ! Se posent à nous alors pour nous ces grandes questions :
• Comment vivre de la joie de Noël en demeurant attachés à nos médiocrités, à nos richesses, à nos idoles qui prennent souvent la place de Dieu dans nos vies et qui ne comblent pas finalement alors que le mystère de Noël est le mystère de la simplicité, de la pauvreté, de l’authenticité ?
• Ou comment accueillir la Bonté et la Tendresse de Noël quand on refuse d’aimer, de partager, de
pardonner alors que Noël est la proclamation de l’amour, de la miséricorde faite aux hommes de la part de Dieu ?
• Et comment faire sienne l’allégresse de Noël quand on reste recroquevillé sur son bien-être, insouciant à tant d’hommes, de femmes, d’enfants qui souffrent, qui pleurent et qui ont faim ?
C’est la qualité de nos cœurs qui constitue la qualité de nos Noëls. Nous l’avons peut-être oublié. Il ne reste alors qu’un souhait à exprimer les uns aux autres : que nos cœurs se réchauffent et qu’ils se tournent sincèrement vers l’Enfant de la crèche ! Alors nous vivrons d’une autre façon le Noël de cette année. Alors il redeviendra le Noël que Dieu a fait ! Bonne et sainte fête de Noël à vous tous !